Traitement

Il n’existe pas de traitement standard unique pour les déficits immunitaires primaires. Chaque patient DIP est différent, et le traitement est donc adapté individuellement par votre équipe médicale. En général, la thérapie vise deux objectifs : combattre/prévenir les infections et compenser ou corriger le déficit immunitaire sous-jacent. Ci-dessous, nous présentons les principales options de traitement. Souvent, un patient reçoit une combinaison de plusieurs de ces thérapies en même temps.

Options de traitement

Antibiotiques et antifongiques préventifs :pour prévenir les infections, les médecins prescrivent souvent des traitements prophylactiques à long terme à base d’antibiotiques ou d’antifongiques. Dans certaines DIP (par exemple, la maladie granulomateuse chronique), ce traitement doit être suivi à vie afin de contrôler les infections récurrentes. Les patients reçoivent également rapidement une cure d’antibiotiques dès les premiers signes d’infection, afin d’éviter toute aggravation. De plus, les patients sont vaccinés avec des vaccins inactivés lorsque cela est possible, afin de stimuler spécifiquement leur système immunitaire affaibli. (Les vaccins vivants peuvent être dangereux dans certains DIP, c’est pourquoi la décision revient au spécialiste.) L’objectif est de maintenir la charge infectieuse aussi basse que possible.

Thérapie par immunoglobulines (thérapie par anticorps) :
Traitement par immunoglobulines (traitement par anticorps) : de nombreux patients atteints d’un déficit immunitaire primaire (DIP) qui ne produisent pas suffisamment d’anticorps reçoivent des immunoglobulines en remplacement. Il s’agit d’anticorps concentrés, issus de plasma de donneurs, qui sont administrés régulièrement par perfusion intraveineuse (IGIV) ou par injections sous-cutanées (IGSC). La perfusion d’immunoglobulines est un pilier du traitement des déficits en anticorps tels que le DICV. Elle aide à prévenir les infections et est généralement administrée toutes les 2 à 4 semaines (par voie intraveineuse en hôpital de jour ou par voie sous-cutanée à domicile). En Belgique, ce traitement est pris en charge par l’assurance maladie, car il est essentiel à la santé des patients atteints de DIP.

Greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH) : plus communément appelée greffe de moelle osseuse. Dans certaines formes graves de DIP – notamment chez les enfants atteints, par exemple, de DICS – une greffe de cellules souches peut être curative. Cette intervention consiste à détruire la moelle osseuse malade, qui produit des cellules immunitaires défectueuses, et à la remplacer par des cellules souches saines provenant d’un donneur (souvent un membre de la famille ou un donneur compatible issu d’une banque de donneurs). Ces cellules saines constituent un nouveau système immunitaire qui fonctionne normalement. La HSCT est une procédure lourde comportant des risques, mais en cas de succès, elle peut guérir complètement le DIP. En Belgique, ces greffes sont réalisées dans des centres spécialisés (par exemple l’UZ Gent, l’UZ Leuven, etc.), généralement à un jeune âge, car les résultats sont meilleurs lorsque l’intervention est pratiquée de manière précoce.

Thérapie génique : la thérapie génique constitue une nouvelle approche très prometteuse. Au lieu d’administrer de nouvelles cellules provenant d’un donneur, la thérapie génique vise à corriger génétiquement les propres cellules souches du patient. Cela se fait en introduisant la version correcte du gène défectueux. Pour certaines maladies (telles que certains types de SCID ou de CGD), des protocoles de thérapie génique ont été développés, souvent dans le cadre de la recherche ou dans des centres spécialisés à l’étranger. BePOPI collabore avec des partenaires internationaux afin de rendre ces innovations accessibles aux patients belges. Bien que la thérapie génique ne soit pas encore disponible de manière systématique, certains enfants ont déjà bénéficié avec succès d’un tel traitement à l’étranger. L’espoir est qu’à l’avenir, davantage de DIP puissent être guéris de manière définitive grâce à cette méthode.

Thérapie enzymatique : en cas de déficits très spécifiques, un traitement enzymatique substitutif peut s’avérer utile. C’est le cas, par exemple, du déficit en ADA (une forme de SCID), pour lequel l’enzyme manquante, l’ADA, peut être administrée chaque semaine par injection (thérapie PEG-ADA). Ce traitement est toutefois rare et est souvent considéré comme une solution temporaire en attendant une greffe de cellules souches.

Prise en charge globale : outre les traitements spécifiques mentionnés ci-dessus, un accompagnement global est essentiel. Il peut s’agir de rééducation pulmonaire ou de kinésithérapie en cas d’infections pulmonaires récurrentes, d’un régime alimentaire adapté en cas de troubles intestinaux, et d’un accompagnement psychologique pour aider à vivre avec la maladie chronique. Un suivi multidisciplinaire (collaboration entre immunologistes, pneumologues, gastro-entérologues, psychologues, etc.) améliore la qualité des soins – BePOPI plaide pour que cette approche globale soit mise à la disposition de tous les patients atteints de DIP.

 

Contexte belge du traitement

Les traitements pour les DIP décrits ci-dessus sont accessibles en Belgique via notre système de santé. Le traitement par immunoglobulines, par exemple, est remboursé et peut, dans de nombreux cas, être poursuivi à domicile (sous la supervision d’un médecin ou d’une infirmière) dès que le patient a appris comment fonctionnent les perfusions sous-cutanées. Les greffes de cellules souches pour les enfants atteints de DIP sévère sont réalisées dans des hôpitaux universitaires, souvent avec le soutien de réseaux internationaux (ERN RITA, etc.). La Belgique participe également à des essais cliniques et à des registres internationaux afin d’évaluer de nouvelles thérapies.

Il est important que vous, en tant que patient, déterminiez toujours, en concertation avec votre médecin, quel traitement convient le mieux à votre forme de DIP. Tous les DIP ne nécessitent pas des interventions lourdes : les déficits légers peuvent parfois se contenter d’un suivi vigilant et, si nécessaire, d’un traitement antibiotique en cas d’infection, tandis que les déficits graves requièrent une thérapie intensive. Votre médecin vous expliquera les options qui s’offrent à vous. Il s’agit parfois de trouver un juste équilibre : une protection suffisante contre les infections, avec le moins d’effets secondaires possible et un impact minimal sur votre vie quotidienne.

Grâce aux traitements, nous constatons que de nombreux patients atteints de DIP peuvent mener une vie presque normale : ils vont à l’école ou au travail, exercent des loisirs et fondent une famille. Le traitement exige des efforts (comme des visites régulières à l’hôpital ou des perfusions à domicile), mais il fait une grande différence. Bien sûr, certains doivent rester prudents en matière de contacts ou d’hygiène. Malgré tout, les progrès sont considérables : alors qu’autrefois, certaines DIP entraînaient une espérance de vie très limitée, les patients peuvent aujourd’hui souvent rester en bonne santé pendant des dizaines d’années.

L’association belge de patients BePOPI s’efforce de garantir que les traitements existants restent disponibles et que de nouveaux traitements soient rapidement mis en place. Elle mène par exemple des concertations avec les pouvoirs publics et l’industrie en cas de pénurie de médicaments : ainsi, en 2022, BePOPI a déposé une pétition visant à garantir l’approvisionnement en immunoglobulines pour les patients. Vous pouvez donc être assuré que des efforts importants sont déployés, tant dans le monde médical que par les associations de patients, pour améliorer en permanence la prise en charge des DIP.